Kiffomètre

Au détour d’une recherche hasardeuse et totalement désintéressée, je me suis aperçu que le verbe kiffer était rentré dans les dictionnaires de la langue française. Petit rappel pour les plus lexico-puritains, kiffer signifie prendre du plaisir ou plus familièrement prendre son pied grave la race de sa maman adoptive (ça marche aussi avec les papas, mais c’est moins couramment employé).

Galvanisé par ma découverte, j’ai poussé le vice. J’ai constaté que le nom kif était lui aussi présent. Fort bien ! Puisque la porte est ouverte à toutes les fenêtres, je propose l’ajout d’un nouveau mot : Kiffomètre. Parce que ce n’est pas le tout de kiffer, encore faut-il être capable de mesurer l’intensité de son kif.

Je sais déjà que les plus paresseux et laxistes utilisent une logique floue et une échelle discrète d’états vaguement définis. D’autant que la définition de ces états est généralement propre à chaque individu. Ainsi, on part du petit kif pour aller jusqu’au MEGA KIF EUD’LA MORT-QUI-TUE-LA-VIE. Oui, en majuscule ça a plus d’impact. Entre les deux, on a souvent tout un tas d’états intermédiaires tels que : le kif tout simple, le grand kif, le gros kif, le kif grave (mais pas de kif aigu).

Là où la logique floue intervient, c’est que les individus sont souvent incapables de donner avec certitude leur bon état de kif. Difficile effectivement de trancher entre le grand kif et le gros kif. Pour ma part, ce n’est pas satisfaisant de dire « J’ai une certitude de 73% pour le KIF EUD’LA MORT et 27% pour le Kif-de-ma-life. » Alors qu’avec un Kiffomètre bien calibré, il suffirait de définir des intervalles précis correspondant chacun à un état. Ce serait quand même vachement plus simple, non ?

Le Kiffomètre, parlons-en. Tout comme la définition des états de kif, le Kiffomètre est relatif à chaque individu. Tout le monde n’a pas la même manifestation du kif et donc la mesure diffère. Si certaines personnes sont capables de connaître précisément leur concentration de dopamine dans le cerveau, pour la plupart du commun des mortels, ce n’est pas le cas. Il faut donc utiliser d’autres instruments.

Les exemples sont multiples et souvent imaginatifs. Par exemple, certains individus ne peuvent s’empêcher de bondir lors d’un kif intense. Si on part du principe que la hauteur du bond est directement liée à l’intensité du kif, alors n’importe quel instrument de mesure de cette hauteur ferait office de Kiffomètre. Nous obtiendrions ainsi une mesure numérique précise qu’il suffirait de convertir en état de kif par le biais de la fonction idoine.

De la même manière, on pourrait prendre pour référence le rythme cardiaque, l’intensité électrique du système nerveux (il faut un multimètre particulièrement sensible), un analyseur d’ondes cérébrales… Toutefois, attention aux faux positifs : la dilatation des pupilles peut effectivement indiquer un kif à la vue d’une personne tierce d’un sexe compatible, mais également une surconsommation d’opiacés ou encore une mydriase.

Laissez parler votre imagination.

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