La violence virile

Je vais continuer mes divagations sur la violence dans les histoires en m’intéressant à la virilité. Très souvent, la violence physique est l’apanage des hommes viriles. Par défaut, les hommes sont considérés comme violents et vont souvent privilégier des solutions violentes. Au contraire, les femmes sont considérées comme non violentes et vont privilégier des solutions non violentes.

Ce schéma, homme violent/femme non-violente n’est quasiment jamais remis en question. Il est excessivement utilisé de manière structurante dans les histoires. Rien que dans le schéma de la demoiselle en détresse qui requiert un homme fort pour la sauver. Ou dans le registre plus basique des mâles qui se battent pour obtenir les faveurs de la femelle. Par ailleurs, on ne compte plus les scènes où la violence est opposée à la finesse pour résoudre un problème (souvent à des fins humoristiques).

Dans ces histoires, la violence est donc l’attribut qui différencie les hommes des femmes. Un homme peut et doit faire usage de la violence s’il veut être considéré comme un vrai homme et pas une femme. Ce postulat permet de joyeusement entretenir un sexisme primaire et des représentations de genre complètement artificielles et normées. Sans compter l’ouverture à une infinité de scènes misogynes et homophobes.

Le héros violent

Être un homme violent est donc conseillé si on veut être respecté. Mais pire, l’homme violent est présenté comme un modèle admirable, notamment dans toutes les histoires orientées un peu action. Mais attention, il y a le bon homme violent et le mauvais homme violent. Le mauvais homme violent, c’est le méchant qui utilise la violence pour faire de vilaines choses. Le bon homme violent, c’est le héros qui n’utilise la violence que contre les méchants (et parfois les animaux pour rappeler l’ordre de la nature, et puis c’est marrant la violence envers les animaux non ?), il est violent mais juste.

Combien de héros viriles passent leur temps à massacrer des dizaines d’individus. Non seulement c’est considéré comme normal et presque souhaitable, mais, en plus, il lui arrive d’y prendre plaisir. Cerise sur le gâteau, il n’en retire généralement aucun impact psychologique. Bien sûr que non, puisqu’il est violent mais juste. Il a raison et donc il n’a aucune question à se poser.

Un type artisan de tels massacres sans aucun état d’âme, chez moi, il s’apparente plutôt au psychopathe qu’à autre chose. Évidemment, tout est fait pour susciter le moins d’empathie possible avec les victimes. La plupart du temps ce sont des personnes dont on ne connaît ni le nom, ni l’histoire. Parfois, on ne voit même pas leur visage et ils portent un uniforme générique. Ils ne sont plus considérés comme des humains avec une vie, mais juste comme un obstacle au héros. De plus, ce sont des méchants ou, en tout cas, identifiés comme tels. Ce raccourci autorise la mise en place d’une violence sans conséquence à leur égard.

Je ne dis pas que toute violence est évitable, mais tout usage de la violence devrait être remis en question, même si ce n’est qu’à posteriori, pour éviter sa systémisation.

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